Communauté héréditaire

Une communauté héréditaire se forme automatiquement lorsque plusieurs personnes héritent ensemble. Ce qui semble d’abord être une solidarité est souvent source de conflits – de la gestion de la succession au partage équitable. Découvrez quels sont les droits et obligations des cohéritiers, quelles sont les possibilités de dissolution et comment trouver des solutions équitables.

Communauté héréditaire : droits, obligations et conseils aux héritiers

Un héritage est souvent une épée à double tranchant : d’un côté, on se réjouit de la valeur matérielle ou immatérielle de l’héritage, mais de l’autre, des défis juridiques et interpersonnels peuvent survenir. La situation devient particulièrement délicate lorsque ce n’est pas une seule personne qui hérite, mais plusieurs héritiers ensemble – dans ce cas, on parle de communauté héréditaire. Elle se forme automatiquement dès que plusieurs personnes deviennent cohéritières, par exemple des frères et sœurs, des enfants ou des parents éloignés.

À partir de ce moment, l’ensemble de la succession appartient à tous ensemble et les décisions importantes doivent être prises d’un commun accord. Cela vaut indépendamment du fait qu’il s’agisse de biens immobiliers, d’avoirs bancaires, de titres, de parts d’entreprises ou de biens personnels. C’est justement cette obligation de prendre des décisions en commun qui fait de la communauté héréditaire un défi particulier. Des intérêts divergents, des besoins financiers ou des liens émotionnels avec certains biens de la succession peuvent rapidement conduire à des tensions. Ce qui, à première vue, semble être un modèle équitable – tout le monde hérite à parts égales – peut s’avérer compliqué dans la pratique s’il n’y a pas de communication claire et un certain degré de compromis.

Qu'est-ce qu'une communauté héréditaire ?

Une communauté héréditaire se forme automatiquement dès que plusieurs personnes sont désignées ensemble comme héritiers, que ce soit par testament, par pacte successoral ou par la succession légale. A ce moment-là, tous les cohéritiers deviennent propriétaires ensemble de l’ensemble de la succession. La particularité :

  • Personne n’est le seul propriétaire d’un objet donné.
  • Chacun possède une part idéale de l’ensemble de la succession.
  • Les décisions importantes doivent généralement être prises en commun.

Exemple : Si une personne décédée laisse une maison, de l’argent liquide et des bijoux, tout appartient d’abord à la communauté héréditaire. Aucun cohéritier ne peut simplement vendre la maison ou garder des bijoux sans l’accord des autres.

Droits des cohéritiers dans une communauté héréditaire

Le droit successoral allemand accorde certains droits à tous les cohéritiers afin de garantir une gestion équitable de la succession :

  1. Droit de codécision :
    Chaque cohéritier a un droit de vote égal pour les décisions concernant la succession. Pour les actes d’administration ordinaires (p. ex. réparations, location), une décision à la majorité selon les parts successorales suffit (§§ 2038, 745 BGB). En revanche, les mesures extraordinaires (p. ex. vente d’une maison, résiliation d’un contrat de location) requièrent l’unanimité de tous les cohéritiers.

  2. Droit d’information et de consultation :
    Chaque cohéritier a le droit d’obtenir des informations complètes et de consulter tous les documents relatifs à la succession, par exemple les extraits de compte, les contrats ou les listes d’inventaire.

  3. Droit d’usage :
    Chaque cohéritier a le droit d’utiliser les biens de la succession, pour autant que l’usage commun des autres ne soit pas entravé. Toutefois, aucun cohéritier ne peut, sans le consentement des autres, disposer seul des biens de la succession ou en faire un usage exclusif.

  4. Droit au partage :
    Chaque cohéritier peut à tout moment demander le partage (division de la succession) (§ 2042 BGB), sauf s’il a été exclu temporairement par testament ou contrat d’héritage.

  5. Indemnisation par versement :
    Un cohéritier peut vendre sa part d’héritage à d’autres cohéritiers ou l’aliéner à des tiers (§ 2033 BGB). Les autres cohéritiers ont alors un droit de préemption.

Obligations des cohéritiers

Celui qui hérite en commun ne reprend pas seulement la succession, mais est également responsable de son administration et de ses obligations.

  • Obligation d’administration : tous les cohéritiers doivent administrer la succession en commun, la préserver et agir dans l’intérêt de tous (§ 2038 BGB).

  • Participation aux frais : Chaque cohéritier doit supporter les frais d’administration, de conservation et de contentieux juridique en fonction de sa part d’héritage.

  • Responsabilité en matière de dettes : les héritiers prennent également en charge les dettes du défunt (§ 2058 BGB) et en sont solidairement responsables ; dans les rapports internes, toutefois, en fonction de leur part d’héritage.

  • Devoir de fidélité : les cohéritiers sont tenus à la considération et à la loyauté et ne doivent pas prendre de dispositions arbitraires ou tirer des avantages unilatéraux de la succession.

Pourquoi les communautés d'héritiers sont souvent source de conflits

Les communautés d’héritiers sont considérées comme de véritables foyers de conflits, car elles réunissent souvent autour d’une même table des idées et des intérêts très différents. Ce n’est pas sans raison qu’on les appelle aussi « communautés forcées temporaires ». Les litiges sont particulièrement fréquents dans le domaine de l’immobilier: alors que l’un des cohéritiers souhaite vendre rapidement la maison dont il a hérité afin d’en percevoir le produit, un autre prévoit peut-être d’y emménager lui-même ou de la louer à long terme. Une vieille armoire peut être un souvenir inestimable pour l’un et un objet encombrant sans grande utilité pour l’autre.

Les intérêts financiers jouent également un rôle : certains veulent créer rapidement des liquidités, d’autres préfèrent conserver des actifs à long terme. Il ne faut pas non plus sous-estimer les anciens conflits familiaux qui refont rapidement surface à l’occasion d’un héritage. La situation devient particulièrement critique lorsqu’un cohéritier agit de son propre chef ou bloque la vente, car cela peut conduire, dans le pire des cas, à des procédures judiciaires coûteuses et de longue haleine.

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Gestion de la succession

On distingue l’administration ordinaire et l’administration extraordinaire :

  • L’administration ordinaire comprend toutes les mesures nécessaires à la conservation et à l’utilisation courante de la succession et qui n’impliquent pas de risques particuliers, par exemple les réparations, le règlement des frais courants ou la location d’un bien immobilier. Pour de telles décisions, il suffit généralement d’une décision prise à la majorité en fonction des parts d’héritage.

  • L’administration extraordinaire concerne en revanche les mesures d’importance essentielle qui modifient ou grèvent durablement la succession, par exemple la vente d’un bien immobilier, la souscription de crédits importants ou la liquidation de parts d’une entreprise. De telles décisions ne peuvent être prises qu’à l’unanimité de tous les cohéritiers.

Dissolution de la communauté héréditaire

Comme une communauté héréditaire est souvent perçue comme peu pratique, de nombreux cohéritiers souhaitent la dissoudre dans la mesure du possible. La dissolution, appelée juridiquement « liquidation », sert à répartir la succession et à mettre fin à la communauté. Elle peut se faire de différentes manières :

  1. Partage à l’amiable :
    Les cohéritiers se mettent d’accord sur un partage de la succession, par exemple, un cohéritier reçoit la maison tandis que les autres reçoivent de l’argent ou d’autres biens en contrepartie.

  2. Vente et répartition du produit de la vente :
    Dans le cas des biens immobiliers en particulier, la vente est souvent la solution la plus simple lorsqu’il n’est pas possible de régler une reprise à l’amiable. Le produit de la vente est ensuite réparti entre les cohéritiers.

  3. Vente aux enchères (vente aux enchères de partage) :
    Si aucun accord n’est trouvé, chaque cohéritier peut demander au tribunal une vente aux enchères de partage. Le bien est vendu aux enchères publiques et le produit de la vente est réparti entre les héritiers, mais souvent avec des inconvénients financiers, car les ventes aux enchères se terminent généralement en dessous de la valeur du marché.

  4. Indemnisation de certains cohéritiers :
    Un ou plusieurs cohéritiers rachètent la part d’héritage d’un autre cohéritier et reprennent en contrepartie leurs droits et obligations dans la succession.

Conseils pour traiter avec la communauté des héritiers

  • Communiquer suffisamment tôt : Des discussions ouvertes et honnêtes créent de la transparence et évitent les malentendus.
  • Rester factuel dans les faits : Les émotions et les vieux conflits familiaux doivent être laissés de côté, aussi difficile que cela puisse être.
  • Demander conseil à un spécialiste : un notaire ou un avocat spécialisé en droit des successions peut aider à trouver des solutions avant qu’il n’y ait des litiges devant les tribunaux.
  • Conclure des accords clairs : Réglez par écrit la manière dont l’administration de la succession, les coûts et l’utilisation des biens de la succession seront gérés. Cela crée un engagement et une sécurité pour toutes les personnes concernées.

D’un point de vue juridique, la communauté héréditaire est une association limitée dans le temps, mais qui nécessite des accords complexes. En connaissant ses droits et ses obligations, en communiquant et en cherchant un soutien professionnel en cas de doute, il est possible d’éviter de nombreux conflits et de faire en sorte qu’un héritage ne se transforme pas en conflit familial durable.

Vous avez d'autres questions concernant la communauté héréditaire ?

Vous trouverez ici les réponses aux questions les plus pertinentes concernant la communauté héréditaire.

Une communauté d’héritiers doit s’attendre à différents frais dans le cadre du règlement de la succession. Il s’agit tout d’abord des frais pour le certificat d’héritier ou l’ouverture d’un testament auprès du tribunal des successions. Selon le montant de l’héritage et le degré de parenté, des droits de succession peuvent également être dus. Il faut également tenir compte des dépenses courantes liées à la succession, comme l’administration ou l’entretien d’un bien immobilier. En cas de désaccord, des frais d’avocat et de justice sont souvent occasionnés par des litiges ou des ventes aux enchères de partage. Enfin, des frais de réalisation s’appliquent lorsque des biens sont vendus, comme les commissions des agents immobiliers ou les frais de notaire.

Il n’est pas possible de sortir directement d’une communauté héréditaire, car elle est créée automatiquement au moment de la succession. Chaque cohéritier reste membre de la communauté jusqu’à ce que celle-ci soit dissoute par un partage. Toutefois, un cohéritier peut vendre ou transférer sa part d’héritage, soit à d’autres cohéritiers, soit à des tiers. Dans ce cas, les autres cohéritiers disposent d’un droit de préemption. De cette manière, il est possible de quitter de facto la communauté héréditaire, même si une « sortie » formelle n’est pas prévue.

Les parts sont déterminées par l’ordre de succession légal ou par les dispositions du testament. Chaque héritier reçoit alors un pourcentage de l’ensemble de la succession, et non de certains biens. Par exemple, les enfants peuvent hériter à parts égales, tandis qu’un conjoint reçoit souvent une quote-part plus importante. Ces parts sont fixées juridiquement et déterminent également les droits de vote au sein de la communauté héréditaire. Ainsi, la part de l’héritage global qui revient à chacun est précisément définie.

Dans une communauté héréditaire, chaque personne ayant droit à la succession est individuellement responsable de ses propres droits de succession. L’impôt n’est pas calculé en commun pour l’ensemble de la succession, mais proportionnellement à la part d’héritage de chacun. La valeur de la part d’héritage ainsi que la classe d’imposition et les abattements de chaque héritier sont déterminants à cet égard. Le fisc émet donc un avis d’imposition séparé pour chaque personne. Ainsi, personne n’est responsable des droits de succession des autres membres de la communauté héréditaire.

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